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le Samedi 28 mai 2005
Le désenclavement des régions du Sud s'impose
vue sur www.lematin.ma
Les expertises sont unanimes pour soutenir que les activités touristiques deviendront à moyen terme la première activité économique dans le monde. Selon l'organisation mondiale du tourisme (OMT) le nombre d'arrivées de touristes internationaux a atteint en 2001 près de 693 millions. Les recettes sont évaluées à 462,2 milliards de dollars. Le tourisme représente plus de 10,1 % du PIB mondial, 10,7 % de l'investissement, 11,7 % des ressources fiscales et emploie 212,2 millions de personnes, soit 11 % de l'emploi mondial. Le tourisme représente une source considérable de revenus.
Il va sans dire qu'à l'image du reste, la répartition spatiale concerne principalement les pays fortement industrialisés qui accaparent le gros des flux. Il s'agit notamment de l'Europe, l'Amérique et la bordure du Pacifique. Globalement, la répartition se fait dans les quotités suivantes : 60 % pour l'Europe, 19,3 % pour l'Amérique et 13,6 % pour l'Asie et le Pacifique. En 1995, cinq Etats ont réalisé 52,6 % des dépenses du tourisme international. Il s'agit de l'Allemagne, Les Etats-Unis, le Japon, le Royaume Uni et la France.
Les grandes destinations touristiques dans le monde sont : la France 76,5 millions de touristes, l'Espagne 49,5, les Etats-Unis 45,5, l'Italie 39 et la Chine 33,2. Les pays en développement ne réalisent que 20 %. C'est dire l'importance des enjeux en présence et des stratégies de développement de ce secteur hautement concurrentiel. Pour ce qui est de notre pays, le tourisme représente une contribution à la balance des paiements de l'ordre de 2 à 3 fois supérieure à celle du textile, de l'agriculture ou des produits de la mer. Il est une véritable opportunité pour le développement économique et social.
Notre pays a certainement entrepris depuis 1964 d'énormes efforts en termes d'infrastructures de base, d'aménagement, d'investissement, de formation et de promotion. Les pouvoirs publics ont joué un rôle pionnier dans ce domaine à charge pour le secteur privé et semi-public aujourd'hui d'en assurer le relais et la continuité dans un nouveau contexte qui se fonde sur la qualité, la diversité, la compétitivité et la flexibilité eu égard aux constantes mutations que connaît la demande nationale et internationale.
Les grandes tendances observées aujourd'hui se résument dans les trois grands volets ci-après :
Le voyage et son financement doivent être justifiés. La couleur locale, la découverte et la proximité sont une sorte de réponse à l'anonymat des grandes métropoles. Le désir de faire la fête en famille et/ou collective en réplique à la solitude quotidienne. Dans cette optique se dessinent quatre secteurs qui possèdent un fort potentiel de développement. Il s'agit de la culture, l'authenticité, la santé et l'équilibre personnel et enfin le sport et la poursuite de l'extrême.
L'on comprend aisément que l'ancienne tendance qui privilégie la formule du " prêt-à-voyager " est de plus en plus révolue et commence à se perdre dans les allées du tourisme mondial. La tendance qui se met progressivement en place est celle qui consiste à organiser soi-même et en fonction de ses moyens et de ses attentes ses vacances à la carte. La formule fait de plus en plus plusieurs adeptes encouragés par les nouvelles technologies de l'information. Les vacances sont alors de plus en plus courtes et se font plusieurs fois dans l'année.
Toutes ces mutations sont en adéquation avec les multiples atouts dont dispose notre pays et particulièrement le sud-est et la Maroc central d'une façon générale.
Qu'en est-il pour la région du sud-est qui nous occupe ?
Le choix de la région comme cadre de développement local est d'une grande importance. Il implique la proximité et, de ce fait, la maîtrise des contraintes, des atouts et des spécificités régionales à tous les niveaux. La région assure la diversification et la spécificité des offres proposées sur le marché des loisirs et doivent de ce fait être gérées par des structures multiples que doivent produire ces mêmes régions. Nous pensons, par exemple aux offices régionaux du tourisme qui se doivent d'être des entités autonomes mobilisatrices des ressources financières et des compétences régionales selon les formules en usage dans certaines destinations mondiales. La région touristique ne doit pas se confondre pas avec la région économique.
Le choix du tourisme en ce qui concerne le sud-est est, à coup sûr, un levier et une opportunité de développement eu égard à son importance dans l'économie mondiale et ses multiples implications sur l'économie de notre pays et singulièrement sur celle de la région du Sud dont il est potentiellement la plus importante possibilité pour un développement durable. En effet, le produit du Sud-Est est incontestablement de grande notoriété et se démarque complètement de l'offre nationale dans ce domaine.
L'authenticité, la diversité des sites, la luminosité, la richesse de la faune et de la flore, la bio-diversité, la sécurité, l'accueil, le capital image, la proximité et les infrastructures de base sont, sans exclusive, ses points forts. L'enclavement, l'inadaptation de l'offre, le potentiel sous exploité, le peu de promotion et d'animation, le manque de synergie, le découpage administratif handicapent, à plus d'égards, son développement et sa prééminence.
L'évaluation de la situation actuelle du secteur et de ses impacts permet d'affirmer, sans trop de risque d'erreur, qu'ils sont en deçà des résultats «naturels» que l'on peut escompter. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. L'analyse de plusieurs indicateurs conforte ce constat perfectible que d'aucuns ne peuvent qu'affirmer. Avec une capacité de 8.749 lits (Classés), les trois provinces détiennent 8% de la capacité nationale. Les arrivées enregistrées en 2003 sont de 333.508, soit 9,1 % des arrivées et 4,9 % des nuitées enregistrées au niveau du pays, ce qui explique la faiblesse de la durée moyenne de séjour qui n'est que de 1,7 nuit par touriste.
Le tourisme dans la région connaît une forte saisonnalité. Les deux mois de mars et avril enregistrent le tiers des arrivées annuelles. Ceci explique la faiblesse des taux d'occupation des infrastructures d'accueil et leur hypothétique rentabilité. La demande se caractérise par une forte dépendance envers le marché français qui enregistre 65,5 % de l'ensemble des arrivées suivi par le marché national qui accuse presque 8%. Les marchés allemand, italien et espagnol détiennent respectivement 4,3 4,1 et 3,1 des arrivées. Ces cinq marchés représentent 84,9 % des arrivées enregistrées dans cette région.
Ce phénomène de baisse de performance constaté sur plusieurs années successives doit interpeller l'ensemble des intervenants aussi bien institutionnels que privés. Il a un nom : l'inadéquation de l'offre et de la demande.
La répartition inégale des structures d'accueil et leur concentration sur les chefs lieux des provinces contribue fortement à marginaliser les sites à fort potentiel. Le «circuit» fastidieux, rebutant et monotone se traduit par une image négative du produit alors qu'il est tout le contraire.
Le peu d'animation sportive, culturel, artistique, le manque de musées et de centres attractifs dévalorisent de plus en plus l'ensemble de cette région à fort potentiel touristique. Alors que les attentes de la demande internationale et nationale évoluent en permanence sous la pression de l'environnement socio-économique et culturel, le «circuit» avec ses étapes fastidieuses domine inexorablement l'espace touristique du sud-est qui, en revanche, offre toutes les possibilités de diversification, de séjour, de dépaysement, nonobstant tous les autres ingrédients qui font la notoriété du produit sud.
La configuration actuelle ne peut qu'assurer une faible rentabilité des structures existantes et, encore moins, permettre une dynamique pour un développement qui toucherait un ensemble des activités économiques régionales, d'où la nécessité d'une recomposition du produit, d'une redistribution spatiale des structures d'accueil, d'une diversification maîtrisée et d'une volonté de l'ériger en un produit à part entière qui se développera dans l'espace que forment les provinces de Ouarzazate, Zagora, Errachidia et Azilal, pour ne citer que celles-ci, et non comme un prolongement de certaines destinations, Marrakech et Agadir, qui se valorisent à ses dépens.
Bien sûr, la mise en œuvre de cette vision nécessite toute une instrumentation et des mesures concrètes dont notamment la réhabilitation du patrimoine, la sauvegarde de l'environnement, la capacité des élites locales à gérer cette nouvelle approche de développement selon des stratégies concertées, des GIE et à partir d'un nouveau concept de région touristique, une région qui associe la montagne, aux oasis, au désert, une région connue dans les grands marchés émetteurs et c'est déjà le gage de la faisabilité de cette option.
Ecrivain, chercheur
Mohamed El Manouar
Le communiqué publié à l'issue du Conseil de cabinet tenu à l'Immeuble Etoile hier.
vue sur fr.allafrica.com
"Le Premier ministre, chef du gouvernement, Son Excellence Inoni Ephraim, a présidé ce jeudi 26 mai 2005 à 11 heures ( hier) , à l'immeuble abritant ses services, le Conseil de cabinet du mois de mai 2005.
Figuraient à l'ordre du jour les points ci-après :
- " la stratégie gouvernementale de relance de l'activité touristique au Cameroun " et
- " La lutte contre l'exclusion sociale au Cameroun ".
Après avoir souhaité la bienvenue aux membres du Conseil, le Premier ministre a passé la parole aux ministres en charge des affaires inscrites à l'ordre du jour.
Il ressort de l'intervention du ministre du Tourisme que cette activité constitue aujourd'hui un puissant levier de la croissance économique et partant une opportunité à exploiter pour les pays en développement.
Aussi, dans l'optique de la valorisation de notre potentiel touristique original et diversifié, le gouvernement, sous la haute impulsion du chef de l'Etat, a progressivement mis en oeuvre un certain nombre de mesures, notamment la constitution d'un important parc hôtelier ; la promulgation de la loi sur l'activité touristique et la publication de ses décrets d'application ; l'aménagement des sites touristiques prioritaires, etc.
Ces mesures se sont toutefois avérées insuffisantes, face à la concurrence internationale et aux multiples obstacles qui minent l'essor de notre tourisme, dont, entre autres la faiblesse des incitations à l'investissement touristique, les incertitudes du transport aérien, le mauvais accueil réservé aux touristes et les tracasseries de toutes sortes dont les intéressés sont victimes, toutes choses qui découragent le choix de la destination Cameroun.
Pour faire face à cette situation et inverser la tendance, le ministre du tourisme entend mettre en oeuvre, avec l'appui des partenaires extérieurs, des actions de facilitation et d'encouragement au profit tant des touristes que des investisseurs potentiels et sollicite, à cet effet, la contribution des diverses administrations opérant dans ce secteur.
A l'issue du débat ouvert sur ce sujet, le Premier ministre a prescrit :
- au ministre du Tourisme, d'engager le processus de simplification des procédures de création et d'ouverture des établissements du tourisme et laisser les responsabilités opérationnelles aux collectivités locales et au secteur privé ; de procéder à l'évaluation des activités du Conseil national du tourisme préalablement à sa convocation ; et en liaison avec le ministre de l'Economie et des Finances, d'engager la privatisation du parc hôtelier de l'Etat ;
- au délégué général à la Sûreté nationale et au secrétaire d'Etat à la Défense, de réduire le nombre de postes de contrôle sur les axes routiers ; d'améliorer l'accueil des touristes ; d'assurer leur sécurité ainsi que celle des sites touristiques en collaboration avec les administrations concernées ;
- au délégué général à la Sûreté nationale, de faciliter la délivrance aux touristes des visas d'entrée au Cameroun dans les aéroports de débarquement.
La ministre des Affaires sociales, à qui il revenait ensuite d'intervenir, a fait état des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre les diverses formes d'exclusion sociale, notamment la création d'institutions publiques d'encadrement des personnes handicapées et des centres d'accueil et de rééducation et la mise en oeuvre des programmes d'assistance au profit des déshérités.
Mais ces actions, a-t-elle souligné, restent modestes au regard de la marginalisation grandissante des populations du fait des difficultés économiques que connaît l'Etat, acteur principal de la cohésion sociale dans notre pays. Aussi, la ministre a-t-elle préconisé la restauration de la culture de la solidarité à travers la mise en oeuvre d'un certain nombre de projets mobilisateurs, à l'instar du forum sur la solidarité nationale qui se tiendra en juin 2005 et qui se veut le cadre de diverses actions d'appui technique, institutionnel, juridique et financier en faveur des personnes handicapées et vulnérables.
Au terme des échanges que cet exposé a suscités, le chef du gouvernement a souligné le caractère transversal et collectif de la quête d'une solidarité nationale agissante, dont la conduite à bonne fin interpelle l'ensemble du gouvernement et la communauté nationale, avant d'instruire la ministre des Affaires sociales de :
- finaliser la stratégie sectorielle du développement social, gage d'une meilleure visibilité et lisibilité de l'action du gouvernement dans ce secteur sensible ;
- poursuivre la réflexion en vue de la mise en cohérence de toutes les initiatives destinées à entretenir un véritable esprit de solidarité ;
- mettre en place un cadre de gestion et de suivi de toutes les interventions en faveur de la réinsertion économique et sociale des personnes exclues.
Enfin dans une communication particulière, le Premier ministre a procédé au rappel de directives relatives à l'amélioration du rythme de consommation des crédits d'investissement, notamment ceux financés sur les fonds PPTE.
le Lundi 23 Mai 2005
« Il faut se méfierdu tourisme de masse »
vue sur : www.servihoo.com
Le tourisme n’est-il pas davantage une expérience à vivre et à faire vivre plutôt qu’un concept à étudier à l’université ?
Trop souvent, on est tellement occupé à réussir le développement touristique qu’on oublie que le succès de cette industrie ne peut pas et ne doit pas se limiter à faire le plus de profit possible. Car quand on ne poursuit que cet objectif-là, on finit par détruire le produit. Or, le tourisme est trop important pour qu’on puisse se permettre le luxe de ne pas le réussir. Pour cela, il est impératif de pratiquer le « bon » tourisme. Et pour pouvoir distinguer entre le bon et le mauvais, il est nécessaire de pouvoir s’appuyer sur une base théorique.
Qu’entendez-vous par « bon » tourisme ?
Cela dépend des valeurs auxquelles souscrivent les acteurs concernés. Mais à la base, le bon tourisme est centré sur le client. C’est cibler le bon touriste. Quelqu’un qui respecte la culture du pays hôte. C’est tout le contraire du touriste qui poursuit un plaisir égoïste, détruisant l’équilibre social, culturel et environnemental du pays qui le reçoit. Le bon tourisme relève d’un développement contrôlé, intégré, dirigé.
En somme, tout sauf un tourisme de masse.
Pas uniquement. C’est aussi le profil du touriste qu’on attire, ce qui est à son tour déterminé par la nature du produit qu’on offre. Prenez l’exemple de la station grecque de Faliraki, tristement réputée pour sa nightlife. Violence, sexe et drogue y sont monnaie courante. Ce type de clientèle en attire souvent d’autres du même genre et avant qu’on réalise vraiment ce qui se passe, la réputation de la destination est faite.
Le positionnement de Maurice comme une destination exclusive fait débat. Le nombre, c’est tout de même important, n’est-ce-pas ?
Le nombre n’est pas tout. Une poignée de touristes haut de gamme peut générer plus de revenus qu’un grand nombre moins nanti. Le problème avec le tourisme de masse, c’est que si on le rate, on ne peut pas faire marche arrière. Comment ramener à son état originel un environnement, tant naturel que social, souillé ? Maurice a fait preuve de bon sens en se tenant à l’écart de ce tourisme.
Les hôteliers se plaignent de ne pouvoir remplir leurs hôtels. Comment réconcilier ce devoir de prudence avec les impératifs de création d’emplois et de richesses ?
J’imagine qu’il y a de la place pour une certaine forme de tourisme de masse. Mais il faudra bien cibler. Par exemple, pourquoi ne pas essayer de gagner les voyageurs indépendants ? Avec l’Internet et la diversité de l’offre touristique, ils sont de plus en plus nombreux.
Si vous étiez aux commandes, vous ne changeriez rien à l’accès aérien ?
L’accès aérien est en effet un autre angle d’où aborder la question de positionnement. Jusqu’ici, Maurice a pratiqué une politique plutôt conservatrice. Avec succès, puisqu’elle a pu ainsi tenir les touristes de masse à l’écart. Je ne vois pas la nécessité pour elle d’opérer à présent des changements radicaux en admettant, par exemple, des charters. Cependant, c’est un fait que le billet d’avion Europe- Maurice-Europe coûte très cher. Pour le même prix, j’aurais pu aller en Thaïlande ou en Australie. L’absence de compétition entre les transporteurs ne rend vraiment aucun service à l’industrie.
Le tourisme devra
veiller à réunir et non à isoler.
Voilà pourquoi, par
exemple, je m’oppose
à cette notion
de plages privées.
Globalisation oblige, il y a une explosion d’offres touristiques. Que vaut aujourd’hui le concept sun-sand-sea ?
L’idée des îles tropicales fera toujours vibrer nos cœurs. Elle joue sur nos rêves et éveille des sentiments comme le romantisme et l’insouciance. Mais il est vrai que le touriste a, aujourd’hui, un vaste choix d’îles où passer ses vacances.
Une destination peut-elle pérenniser son succès ?
Un de mes collègues à Surrey a travaillé sur la théorie du cycle de vie d’une destination. Nous pensons qu’une destination subit également la loi des cycles. Il arrive un moment où sa courbe de popularité plafonne. Les grandes cités ont tendance à avoir du succès plus longtemps à cause de leur nature dynamique qui les rend aptes à se renouveler plus vite. Maurice n’a pas à s’inquiéter dans la mesure où elle a su faire durer son succès. Il ne faut pas trop s’inquiéter du faible taux de croissance. Au contraire, il est bon signe puisqu’il est synonyme de développement gérable et durable.
Il n’empêche que Maurice doit aujourd’hui fournir beaucoup plus d’efforts de marketing pour obtenir des résultats moins impressionnants. Faut-il y voir des signes d’essoufflement ?
Il faut plutôt y voir des signes d’une compétition croissante. Il n’y a pas que le tourisme. Toutes les sphères de notre vie y sont soumises. Le consommateur a aujourd’hui un vaste choix de destinations. Grâce à l’Internet, il est très informé, ce qui le rend exigent et capricieux. Pour continuer à s’attirer ses faveurs, une destination doit cultiver ce qui est unique en elle. Maurice est connue pour sa société multiculturelle bien intégrée. C’est une société qui est perçue comme étant en paix avec elle-même. Et ce sentiment ressort dans l’interaction du Mauricien avec le touriste. Il est naturellement accueillant.
La qualité de l’accueil mauricien est déjà un argument de base dans la stratégie de marketing de Maurice. Que faut-il de plus ?
En Angleterre du moins, j’ai l’impression que cet esprit n’est pas très bien compris. Les Anglais ne comprennent pas cette île. Je pense que le marketing pourrait travailler là-dessus. Il faut faire émerger un brand puissant. Prenez l’exemple des Caraïbes. Ce sont des Etats distincts, qui se vendent sous le même label qui est puissant et mondialement connu. Tel n’est pas le cas pour Maurice.
Quel sont les défis du tourisme ?
Un des plus grands défis sera sans doute de réussir l’intégration sociale du tourisme. Il faudra le faire intelligemment. Il s’agit d’intégrer les produits du terroir pour l’utilisation courante à l’hôtel et par-là, donner au tourisme un ancrage communautaire. Les grandes chaînes hôtelières internationales sont celles qui pratiquent les meilleures politiques à ce sujet. Maurice gagnerait à mener campagne autour du thème « manger local, boire local », par exemple.
Quels sont les enjeux pour l’avenir ?
Ils sont d’ordre environnemental d’abord. Maurice aura beaucoup de mal à gérer certains aspects. Le tourisme exerce forcément une pression sur les ressources du pays : eau, énergie, gestion de déchets et d’eaux usées… Ensuite, chaque pays fait partie d’un écosystème global et cela n’est pas sans implication. L’une d’elles concerne la protection de la couche d’ozone. Il paraît que les avions sont de grands émetteurs de gaz à effets de serre. Le consommateur et les ONG sont de plus en plus sensibilisés sur ce point. Je prévois qu’il y aura une pression internationale pour que le consommateur paie pour l’émission de gaz. Une carbon tax rendrait l’accès à Maurice encore plus cher. De fait, je ne sais pas pendant combien de temps encore les Européens vont continuer à voyager loin.
Et puis, il y a les considérations d’ordre éthique et esthétique.
La globalisation nous menace d’uniformité. Or, le tourisme a ce pouvoir unique de nous faire vivre la diversité. Je crois que le défi pour les destinations touristiques sera de préserver leurs spécificités dans un contexte d’homogénéisation. Le tourisme devra veiller à réunir et non à isoler. Voilà pourquoi, par exemple, je m’oppose à cette notion de plages privées. Généralement, la population hôte s’y oppose aussi. À proscrire le développement foncier en hauteur, typique de l’occident. En revanche, je ne considère pas que le désordre du développement résidentiel souille l’esthétique d’une destination. Au contraire, cela fait authentique.
Vous dites adorer faire le touriste. Quelle a été votre toute première impression de Maurice ?
Je me suis dit : tiens ! les posters annoncent un ciel bleu, sans nuage. Or je ne vois que du gris… Si je venais passer les vacances de mes rêves ici, j’aurais été déçu. Bien sûr, on n’a pas de contrôle sur le temps. Mais je pense qu’on devrait faire attention aux promesses qu’on fait dans une brochure. Le consommateur, lui, s’attend toujours à ce qu’au bout de la chaîne, vous honoriez vos promesses. On a donc intérêt à être réaliste.
Que cherche le touriste quand il s’offre des vacances à l’étranger ?
Déjà, à ne pas devoir attendre une demi-heure avant de passer au comptoir d’immigration ! Mais surtout, il veut se sentir accueilli, en sécurité. Il veut en avoir pour son argent en termes de facilités et de services. Et surtout, il s’attend à avoir ce petit plus qu’il va pouvoir raconter à ses amis.
le Lundi 23 Mai 2005
Tourisme :Le secteur bute encore sur les problèmes fonciers
vue sur : www.lagazette-dgi.com
De passage dans le pays, Iain T Christie, un grand spécialiste de la Banque mondiale en tourisme, affirme qu’à Madagascar, personne ne peut prétendre connaître à fond ce secteur.
Ian Christie estime que le plan directeur du tourisme élaboré par l’entreprise allemande GATO avec la participation des secteur public et privé malgaches, constitue une très bonne base de données. A ses yeux, c’est une sorte d’inventaire assorti de stratégies. Et lui de continuer que ce plan directeur devrait réunir tous les professionnels et autorités concernés
autour d’une
même vision. Toutefois, des opérateurs du secteur avouent pourtant avoir entendu parler d’un certain manque de volonté politique. Mais la validation du plan directeur en avril, quoique avec une certaine lenteur, et la tenue d’une table ronde avec les bailleurs de fonds la semaine dernière, attestent tout de même de la volonté du ministère du Tourisme d’aller de l’avant.
Pour Ian Christie, le tourisme et notamment le projet de tourisme inclus dans le Projet de Pôles intégrés de croissance (PIC), participent à la diversification de la croissance économique. Pour le projet PIC essentiellement financé par la Banque mondiale, Nosy Be et Fort Dauphin sont les deux sites concernés. Pour le spécialiste de la Banque, le développement du tourisme devra inclure la population locale et la protection de l’environnement. Il insiste que la préparation des projets tourisme dans le cadre du PIC devra voir la participation de la communauté, des opérateurs locaux et des offices régionaux du tourisme… Défenseur
du tourisme
durable, il
suggère des infrastructures légères comme des réseaux de chemins pour le vélo ou encore les randonnées pédestres. Et afin que la population locale profite des retombées du tourisme, il faudra aussi promouvoir l’artisanat et renforcer les liens entre les producteurs agricoles et les établissements.
Sur ce dernier point, le dernier atelier gouvernemental a souligné qu’il devrait y avoir à court terme des contrats d’approvisionnement entre les producteurs ruraux et les hôteliers, avec comme résultat 50% de l’approvisionnement assurés par ces paysans. « L’idée est bonne, selon un opérateur, sauf que depuis toujours, les hôteliers s’approvisionnent auprès des paysans, surtout en province. Et l’atelier a parlé de la région de Diana, du Vakinankaratra et de la Haute Matsiatra ». Sur le projet gouvernemental de faire des ruraux des professionnels du tourisme, certains opérateurs restent sceptiques. D’autres avancent qu’ils ne jurent plus de rien : « Même Maurice fait la promotion de l’écotourisme, alors qu’ils n’ont pas beaucoup de ressources naturelles. Ce type de tourisme est à la mode, voilà tout. Chez nous, les bailleurs de fonds nous poussent vers l’écotourisme. Ils veulent maximiser l’argent qu’ils injectent dans la protection de l’environnement, mais nous n’allons quand même pas cracher sur 5.000km de côtes, d’autant que le balnéaire a des beaux jours devant lui ».
Malgré tout, le secteur bute encore sur les problèmes fonciers. Aux yeux d’Ian Christie, il faut trouver des solutions à la multitude d’intervenants et des faux titres. Pour lui, c’est l’un des critères pour attirer les investisseurs à venir. Mais le tourisme n’exige pas toujours des gros investissements, surtout en terme d’hébergement. Il évoque l’exemple de l’African wildlife foundation (AWF) qui regroupe une centaine de micro-entreprises rurales. Elles génèrent des emplois et font des bénéfices au Kenya, en Tanzanie, en Zambie et à Mozambique. Ces entreprises locales créées avec des gens de la place ont des activités liées au tourisme (production maraîchère, activités forestières, artisanat etc.) Mais aux yeux d’Ian Christie, il faut élargir leur champ d’activités pour leur donner une taille respectable apte à leur assurer une bonne rentabilité. Un tel exemple pourrait-il être adapté aux réalités locales et rejoindre ainsi le projet de tourisme rural du gouvernement ?
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le 19 / 05 / 05
La ministre du Tourisme tranche
La ministre du Tourisme, Françoise Gauthier, a mis un terme, hier soir, à la guerre que se livraient depuis quelques semaines les FrancoFolies de Montréal et des festivals québécois, notamment le Festival d'été de Québec.
Le quotidien Le Soleil rapporte que l'événement montréalais se tiendra en juillet-août. L'édition 2006 sera la seule exception admise.
Après une rencontre avec les dirigeants du Festival d'été, hier en soirée, Mme Gauthier a réitéré la position qu'elle a exprimée le 4 mai, soit qu'il existait une «réelle problématique» de sécurité publique pour Montréal dans la tenue des FrancoFolies en juillet 2006.
Françoise Gauthier permet donc aux organisateurs des FrancoFolies de tenir exceptionnellement leur événement en juin, en 2006, en considérant certains aménagements à être déterminés entre les parties.
En 2007 et 2008, la ministre tranche en faveur d'un retour à la case horaire de juillet-août.
le 11/05/05
Tourisme: 1 million de visiteurs au 1er trimestre 2005
Le nombre de touristes ayant visité le Maroc durant le premier trimestre 2005 a atteint environ un million de visiteurs, enregistrant ainsi une hausse de 6% par rapport à la période correspondante de 2004, selon les dernières statistiques publiées par le département du Tourisme.
Ainsi, le nombre de ces nuitées s'est élevé à quelque 3,25 millions, soit une augmentation de 15% par rapport à la période janvier-mars 2004. Les touristes français arrivent en tête avec quelque 280.350 voyageurs, en hausse de 12% par rapport au premier trimestre 2004, suivis des Espagnols (+28%), Britanniques (+19%), Allemands (+4%), Belges (+38%) et Italiens (+13%). Seuls les touristes américains et hollandais et les MRE ont accusé des baisses, respectivement de 3, 3 et 5%, précise la même source, ajoutant que le nombre de touristes en provenance du Maghreb et du Moyen-Orient a atteint respectivement 17.444 (+20%) et 15.927 visiteurs (+7%).
En tête des destinations les plus prisées et sans surprise, Marrakech. Sinon les touristes se sont également rendus à Agadir (+6%), Casablanca (+4%), Fès (+16%), Rabat (+25%), Ouarzazate (+5%) Meknès (+15%) et Tétouan (+8%)
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Tourisme interne (vue sur leconomiste.com )
Bientôt la sélection des TO nationaux
· Un appel à manifes-tation d’intérêt pour la mi-mai
· Les TO seront chargés de la commercialisation grand public des destinations
L’expérience internationale a montré qu’une destination ne peut s’ériger en véritable puissance touristique sans l’existence d’un marché interne dynamique (cf. www.leconomiste.com). Le constat est de taille. C’est le département de tutelle qui vient, enfin, de le faire. Mais il vaut mieux tard que jamais.
En effet, le ministère du Tourisme est décidé cette fois-ci à faire profiter le citoyen marocain de l’importante infrastructure hôtelière et touristique du Royaume. Il vient d’élaborer un cahier des charges en vue de lancer, vers la mi-mai, un appel à manifestation d’intérêt pour la création d’au moins deux tour-opérateurs nationaux dont la mission sera de commercialiser le produit touristique national aux Marocains. Des grossistes des voyages qui achèteraient nuitées ou packages auprès des hôteliers avant de les mettre à la vente au détail auprès d’une clientèle potentielle.
L’idée n’est pas née d’un quelconque hasard. Elle a été mûrement réfléchie avant de faire l’objet d’études sérieuses et poussées. Une enquête auprès d’un échantillon de 6.000 Marocains a, par la suite, permis au département de tutelle de cerner et de segmenter la demande nationale. Et partant de déterminer les structures idéales d’hébergement pour chaque catégorie socioprofessionnelle. Un vrai travail de professionnels qu’il faut applaudir. L’enquête a, entre autres, révélé que l’une des barrières à la consommation du produit touristique national reste le prix élevé pour le Marocain, de quelque catégorie socioprofessionnelle qu’il soit. Quel est le Marocain qui n’a pas été choqué de constater que la chambre qu’il paie 500 DH, est commercialisée 120 DH en demi-pension au touriste étranger? Une situation à laquelle le ministère du Tourisme veut mettre fin.
D’abord, les différentes opérations “kounouz biladi” ont permis une croissance moyenne annuelle des nuitées, de l’ordre de 8% (seulement 1,8% au cours de la période 1995-2002). Cette croissance résulte d’une forte réactivité à la baisse des prix. Ces opérations ont donc montré qu’il y a un marché, une demande. Encore faut-il que l’on sache répondre à ses attentes et anticiper sur ses besoins. Ensuite, il y a eu la volonté de politique. Celle-ci a fait que dans les hautes sphères de la décision, l’on s’est dit qu’il est temps de rendre le Maroc aux Marocains. On décide dès lors de démocratiser le voyage au Maroc et l’on pense à la création de tour-opérateurs à même de faciliter l’opération afin que chacun y trouve son compte. Et les hôteliers jusque-là réticents à toute forme d’incitation destinée aux nationaux, ont fini par prendre le train en marche. Il faut rappeler ici que les opérations “kounouz biladi” ont permis aux établissements qui y ont participé d’augmenter leur nombre de nuitées de 44% alors que les autres n’ont enregistré que des augmentations de 15%.
Enfin, il y a le plan stratégique pour le développement du tourisme interne. Stimulées par le succès de “kounouz biladi”, les autorités de tutelle décident d’une opération qui s’inscrira désormais dans la continuité: mettre en place un circuit moderne de distribution moderne et innovant pour la commercialisation des produits existants et aussi futurs et ce dès 2005-2006. Le développement de nouveaux produits (hébergement, animation… ) adaptés à chaque segment de population est également prévu dès 2007.
En tout état de cause, il est certain que le succès d’une telle stratégie dépend étroitement de la volonté des différents intervenants dans le secteur. De ceux qui ont à cœur d’offrir aux Marocains les voyages et les séjours qu’ils méritent à l’intérieur de leur pays.
Jamal Eddine HERRADI
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Centre-du-Québec
Le tourisme se porte bien
Jonathan Custeau
La Tribune
Sherbrooke
( VUE SUR : cyberpress.ca )
L'industrie touristique du Centre-du-Québec se porte bien. À preuve, deux entreprises de la région figurent parmi les lauréats nationaux 2005 des Grands Prix du tourisme québécois, prix décernés vendredi dernier au Centre des congrès de Québec.
Dans la catégorie "Hébergement _ moins de 50 chambres", le Manoir du Lac William s'est distingué en raflant une mention argent. Lauréat de cinq grands prix régionaux pour la qualité de son hébergement, l'établissement a accru la qualité de ses services en 2004 en procédant à de nombreux travaux d'aménagement.
Les clients du manoir pourront désormais profiter d'un terrain aménagé sur les rives du lac William, un espace qui leur est exclusivement réservé. Sentiers pédestres et de sports d'hiver, nouveau menu et salle à manger rénovée apparaissent également sur la liste des améliorations apportées l'an dernier.
Dans la catégorie "Attraction touristique _ moins de 50 000 visiteurs", le mérite du parc Marie-Victorin a été reconnu. Ce dernier a décroché la mention bronze de la catégorie grâce, notamment, à une image de marque repensée et à des outils promotionnels qui mettent en valeur les mosaïques végétales et le costume des jardiniers.
Cette 20e édition des Grands Prix du tourisme québécois visait à reconnaître et à récompenser l'excellence des membres de l'industrie touristique. Elle couronnait également les entreprises pour leur contribution au positionnement du Québec comme destination touristique.
Les lauréats se sont distingués dans le développement et l'innovation, le marketing et la promotion, le service à la clientèle, le développement des ressources humaines et le maillage.
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